Le conseil d'administration de l'ONEE a adopté fin juillet 2026 un plan d'équipement 2026-2030 de plus de 248 milliards de dirhams, dont 206 pour l'électricité et 42,1 pour l'eau potable.
Réuni le 27 juillet 2026 à Rabat sous la présidence de la ministre de l'Économie et des Finances Nadia Fettah, le conseil d'administration de l'Office national de l'électricité et de l'eau potable a adopté un plan d'équipement 2026-2030 de plus de 248 milliards de dirhams. L'office est dirigé par Tarik Hamane. L'enveloppe se répartit entre 206 milliards de dirhams pour l'électricité et 42,1 milliards pour l'eau potable.
Le volet électrique comprend un programme de 104 milliards de dirhams consacré au développement de nouvelles capacités de production renouvelable, pour 11,6 GW additionnels, accompagnés de 2,6 GW de capacités de stockage. Le plan prévoit notamment :
Selon la trajectoire annoncée, ce programme doit permettre au Maroc de dépasser dès 2028 l'objectif de 52 % d'énergies renouvelables dans la capacité électrique installée. Le financement repose largement sur le secteur privé, appelé à couvrir 72 % de l'enveloppe.
Le volet eau potable est tout aussi structurant. À l'achèvement du programme, la capacité de dessalement destinée à l'eau potable dépassera 1,3 milliard de m³ par an et couvrira 63 % des besoins en eau potable, contre 13 % en 2025. Les principales stations à construire sont celles de Casablanca, dont la capacité annoncée atteint 300 millions de m³, de l'Oriental, de Tanger, de Souss-Massa et de Guelmim/Tan-Tan.
Un plan de cette taille se traduit d'abord par une demande soutenue et durable de compétences d'ingénierie et d'exploitation, étalée sur cinq ans et répartie sur plusieurs régions. Le fait que 72 % du financement soit attendu du privé a une conséquence directe sur le marché du travail : une part importante des recrutements se fera chez les développeurs de projets, les EPC, les fournisseurs d'équipements et les sociétés d'exploitation et de maintenance, et non uniquement au sein de l'office.
Les familles de métiers les plus directement sollicitées par le contenu technique du plan sont identifiables sans extrapolation :
Premier point : la concurrence sur les mêmes profils. Le stockage par batteries et le dessalement à grande échelle sont des marchés récents au Maroc ; le vivier local de spécialistes expérimentés y est plus étroit que sur le solaire ou l'éolien classiques. Les entreprises qui attendront la mise en service des projets pour recruter arriveront après celles qui constituent leurs équipes dès la phase de développement.
Deuxième point : la géographie. Les stations de dessalement citées se répartissent de Tanger à Guelmim/Tan-Tan, en passant par l'Oriental, Casablanca et Souss-Massa. La mobilité et les conditions d'expatriation interne deviennent des variables de négociation à part entière, notamment pour les postes d'exploitation implantés hors des grands centres urbains.
Troisième point : les profils hybrides. Le pilotage d'un système électrique où coexistent 11,6 GW de renouvelable additionnel, du stockage et de la flexibilité gaz suppose des compétences de conduite de réseau, de prévision et d'analyse de données qui relèvent autant de l'énergie que du numérique. Ces profils sont rares et se construisent souvent par formation interne plutôt que par recrutement direct.
Pour les employeurs de la filière, l'échéance utile n'est pas 2030 mais les prochains trimestres : c'est maintenant que se constituent les équipes de développement qui porteront ces projets.
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