Le HCP a publié le 3 août 2026 les résultats du deuxième trimestre issus de sa nouvelle enquête EMO2026. Derrière le recul du chômage, des tensions persistantes sur les profils qualifiés.
Le Haut-Commissariat au Plan a publié le 3 août 2026 sa note sur la situation du marché du travail au deuxième trimestre 2026. C'est une publication issue de la nouvelle enquête sur la main-d'œuvre (EMO2026), qui remplace l'Enquête nationale sur l'emploi. Le changement de dispositif impose la prudence dans les comparaisons avec les séries antérieures.
Le trimestre s'accompagne de 279 000 emplois rémunérés créés. Les services concentrent 5,25 millions d'actifs rémunérés, soit 49,3 % du total, et ont généré 166 000 postes sur le seul trimestre. L'industrie a créé 47 000 emplois. Plus de 1,6 million de personnes restent au chômage.
Le point le plus directement utile à un recruteur est l'écart entre les taux par niveau de diplôme : 16,7 % de chômage chez les diplômés du supérieur contre 3,8 % chez les non-diplômés. Il traduit un décalage entre les spécialités formées et les postes ouverts, doublé d'un effet de réserve : un diplômé attend une opportunité correspondant à son niveau, un non-diplômé accepte plus vite un emploi précaire.
Pour les filières télécoms et énergie, cela signifie qu'un volume important de candidatures ne se traduit pas par une facilité de recrutement. Les tensions se concentrent sur des spécialités précises, pas sur le stock global de diplômés.
Les indicateurs sectoriels publiés cet été confirment un cycle d'investissement soutenu. Dans ses résultats semestriels publiés le 22 juillet 2026, le groupe Maroc Telecom affiche un chiffre d'affaires consolidé de 19,01 milliards de dirhams, en hausse de 5,4 %, un EBITDA de 9,54 milliards de dirhams (marge de 50,2 %) et des investissements hors fréquences et licences de 3,42 milliards, soit 17,6 % du chiffre d'affaires. Le groupe maintient un objectif de capex d'environ 25 % des revenus sur l'année.
Du côté du marché, le tableau de bord de l'ANRT pour le premier trimestre 2026 fait état de 57,06 millions d'abonnés mobiles, de 3,22 millions d'utilisateurs 5G couverts par près de 8 400 stations de base, soit 8,4 % du parc mobile, et d'un parc FTTH proche de 1,5 million d'abonnements, en progression de 32,68 % sur un an. Les engagements de couverture 5G portent sur 45 % de la population fin 2026 et 85 % fin 2030.
Ces chiffres se traduisent en besoins concrets : ingénieurs radio et optimisation RAN, techniciens de déploiement et de raccordement FTTH, planification de réseau de transport, coordinateurs de sites, chefs de projet de déploiement régional. Le rythme de progression de la fibre implique surtout des volumes élevés sur les métiers d'installation, où la contrainte est la qualité de la formation courte plus que le nombre de candidats.
Premier enseignement : un taux de chômage national en recul n'allège pas les tensions sur les spécialités techniques. Le même trimestre peut afficher moins de chômage global et un délai de recrutement plus long sur un poste d'ingénieur réseau ou de responsable HSE.
Deuxième enseignement : le taux d'activité féminin de 18,1 % représente une réserve de compétences que peu d'employeurs des filières techniques exploitent réellement. Les processus de sourcing qui s'appuient uniquement sur la cooptation reproduisent cet écart.
Troisième enseignement : avec un chômage de 27,2 % chez les 15-24 ans, les dispositifs d'alternance et de formation interne deviennent un levier de recrutement plus fiable que la recherche de profils déjà formés sur des technologies récentes, pour lesquelles le vivier marocain est mécaniquement limité.
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