Étude d'ingénierie attribuée à Laâyoune, centrale solaire flottante en service à Tanger Med, portefeuille Masen confirmé : trois calendriers, trois besoins de compétences.
La semaine du 17 au 21 août 2026 a livré trois signaux distincts pour la filière énergétique marocaine : une étude d'ingénierie attribuée sur un mégaprojet d'ammoniac vert, la mise en service d'une centrale solaire flottante à Tanger Med, et la confirmation d'un nouveau portefeuille de projets chez Masen. Trois échéances différentes, donc trois profils de besoins en recrutement.
Le 17 août, la presse économique marocaine a rapporté qu'ORNX Green Hydrogen a confié à l'américain KBR l'étude de pré-conception technique (Pre-FEED) de son complexe d'ammoniac à faible empreinte carbone de Laâyoune. Le dimensionnement annoncé porte sur environ 560 000 tonnes d'ammoniac par an, alimentées par près de 900 MW de capacité d'électrolyse. L'agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) accompagne cette phase d'études par une subvention de 5,7 millions de dollars. Le groupement associe à KBR les sociétés GE Vernova, Electric Hydrogen et Terabase.
Un pré-FEED n'est pas un chantier. C'est la phase qui fixe l'architecture technique et les ordres de grandeur de coût, avant le FEED puis la décision finale d'investissement. Pour les employeurs du secteur, la demande porte donc d'abord sur des profils d'ingénierie et de pilotage, et non encore sur des effectifs de construction.
Autre temporalité, autre besoin. Tanger Med Utilities a mis en service, sur la retenue du barrage Oued Rmel, une centrale photovoltaïque flottante de 13 MWc, présentée comme la plus grande en exploitation en Afrique. L'installation compte environ 22 400 panneaux pour une production annuelle attendue de l'ordre de 18 000 à 20 000 MWh, soit près de 10 % des besoins électriques du port. La coordination a été assurée par le français H2air PX, avec des partenaires spécialisés sur la flottaison et l'ancrage.
Ici le projet est livré : les postes utiles sont ceux de l'exploitation-maintenance. Techniciens photovoltaïques, électriciens BT et HT, spécialistes d'ancrage et de gestion d'ouvrage hydraulique, opérateurs de supervision. Le vivier local reste étroit sur le flottant, où l'expérience de terrain est encore rare au Maroc.
Sur le plan programmatique, Masen prépare un portefeuille de l'ordre de 4,5 GW, dans un cadre national qui vise environ 12 GW de nouvelles capacités renouvelables à horizon 2030 et plus de 52 % de renouvelable dans le mix électrique. Le programme solaire Noor Atlas, 305 MW pour environ 2,8 milliards de dirhams, dont la construction a démarré en mars 2026 pour une mise en service annoncée en juillet 2027, donne le rythme réel de ce pipeline.
À l'inverse, le projet de câble électrique Maroc-Allemagne Sila Atlantik reste suspendu à un accord d'État, Rabat ayant de nouveau renvoyé Berlin à cette condition le 20 août. Les recrutements liés à cette interconnexion ne sont pas d'actualité, et il serait prématuré de bâtir un plan de sourcing dessus.
Pour un cabinet de recrutement, l'indicateur utile n'est pas le volume annoncé en gigawatts mais la date de mise en service. Entre un pré-FEED et une centrale déjà raccordée, les métiers demandés n'ont presque rien en commun, et le calendrier de sourcing non plus.
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